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❦ Deux plumes, une lignée

Urbain Philippot

Un dimanche à la romaine

Curieux, j’ai vraiment voulu en savoir davantage En poussant la porte d’entrée sans ambages. C’était un dimanche après-midi de bal ; Le Disco-Joker mixait son répertoire musical.

La responsable s’est enquêtée sur mon identité Que je me suis bien gardé de lui donner. Et tout en dégustant une tasse de café, Sur le club qu’elle dirige, elle m’a renseigné.

La ROMAINE est un club de loisirs Où s’expriment tous les plaisirs. Il est ouvert à tous les anciens narbonnais Qui ont souscrit leurs cartes d’abonnés.

Des couples, sur la piste de danse, Se dandinaient sans élégance. De vieux perdreaux sans plumes, Portant de vieux et râpés costumes.

Son compagnon, trouvant le temps long, Quitta sa chaise pour abréger notre conversation. Ventru, plus arrogant qu’un coq nain, Il me toisa, sa bouche pleine de venin.

D’une taille à peine au-dessus du bouchon, Il ne dépassait pas la hauteur de mon menton. Arborant ostensiblement ses ergots émoussés, Son regard méchant sur moi s’est posé. . J’ai senti ce con prêt à en découdre ; J’ai évité de mettre le feu aux poudres. J’ai battu en retraite en tournant mes talons Pour ne pas avoir d’ennui avec ce bouffon.

Je pensais naïvement que la ROMAINE Avait les traits d’une jolie marraine. Quelle fut grande ma surprise De voir des mines aussi grises ! Maintenant que je connais les lieux, Je vais me tenir à l’écart de tous ces vieux, Dont l’accueil sec est aussi fermé Qu’un enclos de pierres emmuré.

— Urbain Philippot