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❦ Deux plumes, une lignée

Urbain Philippot

Les jeux

Les jeux, dit-on, sont l’opium du peuple. L’Empereur, CESAR, l’avait bien compris en conviant les romains à assister aux jeux dans les arènes où le sang et les sueurs des gladiateurs faisaient oublier leur faim et leurs conditions précaires. C’est toujours vrai encore de nos jours. Les jeux du stade se déroulent en week-end, ils attirent des fans, convertis en hordes sauvages qui exultent, provoquent des échauffourées massacrantes en réaction souvent contre l’ordre établi. Pendant qu’ils se défoulent dans des milieux fermés, les troublions oublient leurs situations précaires, le chômage qui nourrit les vices de la rue. Ces jeux hebdomadaires sont relayés par des jeux permanents diffusés par les chaînes de télévision à longueur de journée, moins dangereux, certainement, mais assourdissants d’applaudissements ou de musiques fracassantes sous l’autorité du « chauffeur de salle » qui manipule les invités aux spectacles, véritables moutons de Panurge. Tous ces jeux n’ont pas que des côtés négatifs ; ils sont des divertissements qui délassent les corps fatigués et les esprits prisonniers des idées noires. Ils recèlent des vertus sanitaires préventives et curatives que l’on ne peut pas nier. Toutefois, on ne peut pas oublier que les jeux sont devenus une religion païenne entretenue , au sein des publicitaires et des organisateurs, par des fleuves qui charrient des mannes d’or de d’argent. Est-il possible d’envisager d’utiliser cet argent jeté par les fenêtres à d’autres fins plus nobles ?

— Urbain Philippot