Les arbres mémorables
L’acacia centenaire de ma chère placette A disparu de ma vue, de la planète, Sous les dents acérées de la tronçonneuse Par décision d’une stupidité massacreuse. Maintenant, plus d’ombre sur le parapet Où s’asseyaient nos vieux papés, Condamnés à s’abriter sous les ombrelles Pour maintenir au frais leurs cervelles. Il n’est pas le seul à connaître la mort ; Le marronnier d’inde a connu le même sort. Par manque de sagesse, on a cédé à la menace De l’automobile qui envahit tout l’espace. Alors, privé de ses monuments verdoyants, Le village, dépouillé de ses atouts, agonise, Perdant aussi de nombreux habitants, Partis ailleurs avec leurs valises. Ces arbres multi-centenaires, dits « mémorables » faisaient partie du cadre de vie du village de MAS-CABARDES, à l’époque siège du canton. Ils avaient une histoire à raconter aux générations qu’ils abritaient sous la fraîcheur de leur feuillage. Alors que partout on plante des arbres, ici, par cupidité et en l’absence de la moindre vision de l’avenir, on les abat sans état d’âme !.......
— Urbain Philippot