Le temps fuit, mais pas l’oubli
Non, je n’ai rien oublié… De toutes ces nombreuses années de bonheur, Douces à mon âme et apaisantes à mon cœur. Je remonte jusqu’ aux lointaines sources du passé En revisitant lentement le long chemin emprunté.
Non, je n’ai rien oublié… De ce baiser subtil et langoureux sur le pont échangé ; Il avait l’ardeur fébrile de nos jeunes vingt ans. La lune blanche souriait, le ciel, complice, était étoilé ; Tes cheveux bouclés ondulaient dans le vent.
Non, je n’ai rien oublié… De nos engagements réciproques d’attendre le retour Pour poursuivre ensemble une longue vie d’amour. Sans un sou vaillant, sans exercer le moindre métier, L’aventure à deux venait alors de commencer.
Non, je n’ai rien oublié… De ce premier nid douillet bâti sous les toits Où, serrés l’un contre l’autre, jamais il n’a fait froid. Puis, la cage s’est agrandie de plusieurs oisillons Donnant à la famille une autre dimension.
Non, je n’ai rien oublié… Des soirées de rires en été et des grandes fêtes, Des lendemains à endurer les maux de tête. Le soleil nous caressait de ses chauds rayons, Le vent était le complice de nos chansons.
Non, je n’ai rien oublié… Des peines profondes et des larmes versées ; De cette sournoise maladie qui nous a privés De vivre dans une douce et paisible tranquillité, Une vieillesse heureuse à deux, tant espérée. Hélas !
— Urbain Philippot