L’agneau et le loup
Un loup efflanqué qu’une faim atroce aiguillonne, Hors du bois fait la rencontre d’un jeune agneau Qui se baigne dans l’onde fraîche du ruisseau. Quelle belle prise pour un estomac qui talonne !
D’habitude le plus petit cède au plus grand ; Mais, ce jour-là, le plus faible fut le plus fort. D’un langage flatteur, la proie mit les gants Pour convaincre la brute de maîtriser ses torts.
L’agneau rusé fit de sa faiblesse sa loi Si bien que le loup abandonna sa proie. Le loup, honteux, regagna sa tanière, L’agneau, chanceux, retrouva sa bergère. Dans cette version, j’ai pris le contrepied de Jean de LAFONTAINE en montrant les vertus de l’habilité de l’agneau sur la bestialité du loup ; l’esprit a mis l’estomac à la raison. Moralité La force ne fait pas loi Quand la ruse fait foi.
— Urbain Philippot