La vie paysanne
Hier, la vie était austère dans le milieu paysan, Ce monde ignoré qui vivait dans les champs. Souvent craintif, introverti, mais pas méchant, Au contact de l’extérieur et des gens extravagants. Dehors, dès l’aurore, jusqu’au coucher du soleil, Au retour du travail, ils tombaient de sommeil. Leur couche rustique était une pauvre paillasse Où s’entassait une famille nombreuse très lasse. Eloignés de la ville, ils ignoraient tout de l’actualité, Mais, craignant DIEU, ils respectaient la spiritualité. Le Dimanche matin, ils allaient à la messe, Tandis que leurs femmes s’agenouillaient à confesse. Les moyens de transport dans les zones rurales N’étaient assurés que par la traction animale. Ils se déplaçaient en famille une fois par an Pour se rendre à la grande foire du printemps. Depuis longtemps ils s’étaient accommodés A vivre sans eau chaude, sans électricité. A l’intérieur, ils respiraient les odeurs de l’étable ; A la fin du repas, les poules picoraient sur la table. Leurs nombreux enfants ne fréquentaient l’école Qu’en absence prolongée de travaux agricoles. Ils partaient, seuls, à pied, emportant la gamelle Que le bon instituteur réchauffait sur le poêle. Ils arrêtaient leurs études sans succès scolaires, Privés de diplômes, avec un maigre bagage littéraire. Ils étaient condamnés à être des ouvriers mal payés, A moins d’hériter de la ferme de leurs parents âgés. Ces temps reculés ont bien heureusement changé ; De la ville, les campagnes se sont rapprochées. Les paysans sont des exploitants très avisés, Ils roulent en coupés, en voitures Mercédès, Leurs femmes s’habillent chez Hermès. La paysannerie a conquis ses lettres de noblesse ; SULLY avait bien dit qu’elle était notre richesse !
— Urbain Philippot