Aller au contenu
❦ Deux plumes, une lignée

Urbain Philippot

La tortue et le lièvre

Un dimanche matin, jour de kermesse, Au sortir de l’église, après la grand’messe, L’ambitieuse tortue provoqua le lièvre Dans une course à pied à la régulière. Gageons, dit-elle, que j’arriverai la première A la hauteur de ce gros tas de pierres. Pari tenu dit l’animal aux longues oreilles, En sortant de sa poche une poignée d’oseille. Le lièvre est taillé pour la de vitesse, Tandis que la tortue traîne une lourde caisse. Elle se hâte avec sa légendaire lenteur, Du tas de pierres, elle arrive presque à la hauteur, Savourant déjà sa victoire et les honneurs. Le lièvre, de ses longues jambes, fit trois sauts, Coiffant la prétentieuse tortue sur le poteau. Eh bien, dit le vainqueur au vaincu, Ma chère, vous avez bel et bien perdu ! MORALITE Pour gagner, il faut avoir les moyens de son ambition Que Jean de la FONTAINE me pardonne si je l’ai contrarié.

— Urbain Philippot