La toile
Sentant mon esprit de trop écrire lassé, Je troque le cahier pour un dessin esquissé. Armé d’une gomme et d’un crayon magique, Je trace le croquis de l’étang de la Nautique.
De fortes senteurs de thym et de bruyère Se dégagent du bosquet aux ramures légères. A l’ombre d’un pin centenaire, je m’installe, Sur un chevalet bancal, je pose ma toile.
Je vais rester là, à attendre l’arrivée du soir, Jusqu’à confondre le blanc, le gris du noir. Le pinceau dans une main, Dans l’autre un brin de romarin.
Tiens ! Ma toile est vide et blanche, J’ai été emporté par une avalanche De souvenirs qui m’ont fait rêver. La nuit couvre l’étang, il est temps de rentrer.
— Urbain Philippot