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❦ Deux plumes, une lignée

Urbain Philippot

La source du Théron

Ne touchez pas à ma fontaine ; Là où j’allais prendre de l’eau, Afin de rencontrer Marie-Hélène Portant des bas et des souliers hauts. Ne touchez pas à ma belle fontaine Qui alimentait un grand lavoir Où les lavandières avec leur battoir Frappaient les draps et les linges de laine.

Ne fermez pas la source du Théron Qui fournit sans verser un rond Aux nostalgiques de pleins seaux D’une eau fraîche pour les apéros. Gardez ces lieux de rendez-vous, Rempli d’agréables souvenirs, Encore chauds dans mon cœur jaloux De ne plus pouvoir y revenir. Le Théron était ma place publique, A l’abri des regards obliques Derrière le grand pilier, De ma promise, je volais, un baiser.

— Urbain Philippot