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❦ Deux plumes, une lignée

Urbain Philippot

La bohème

A l’heure où sonne ma vieillesse, En mémoire, me revient ma jeunesse. Aux journées de grand soleil, Suivaient des nuits sans sommeil. Les études étaient bien secondaires, Je ne pensais toujours qu’à lui plaire En plongeant mon regard sur son jupon Qui me donnait tant de frissons. Tous les dimanches au bal du bistrot, Avec ma partenaire, je dansais le tango. Un moment privilégié pour mes mains De les glisser au bas de ses reins. Elle était ma promise, moi, son amant, J’étais trop jeune, à peine adolescent. L’usure a fini par lasser nos liaisons ; Mais la bohème fut ma plus belle saison.

— Urbain Philippot