Heureux qui
Comme URBAIN a fait un beau mariage En épousant une fille à la fleur de l’âge, Née sur le causse à LA CAVALERIE, Répondant au doux prénom de MARIE. Elle fut d’abord ma marraine de guerre, Quand l’AGERIE se battait pour sa terre. Par amour, elle accepta de me suivre Pour le meilleur comme pour le pire. Ensemble, on a construit un empire Dans une ambiance de joies et de rires, Jusqu’au jour où l’implacable maladie S’est installée définitivement dans sa vie. J’ai assisté à sa lente agonie, à son calvaire, Impuissant, désarmé, ne pouvant rien faire Contre l’emprise conquérante d’Alzheimer Qui m’a entraîné jusqu’aux portes de l’enfer. Un matin, vaincue, elle s’arrêta de vivre, Mais, dans le souvenir, je la fais survivre. Je l’enferme, à jamais, au creux de mon âme, Je suis, pour toujours, le gardien de sa flamme. Si je suis malheureux de l’avoir perdue, Ô combien, je suis heureux de l’avoir connue……..
— Urbain Philippot