Épilogue
La matière fut si riche que je n’ai eu aucun mal d’inspiration pour écrire sur des sujets qui sont au centre de mes profondes pensées, tantôt enfermées dans mon passé nostalgique, tantôt ouvertes sur un futur fragilisé par toutes sortes d’évènements et de circonstances. Je pense si fort aux fleurs destinées à MIMI qu’elles finissent par pousser et par éclore devant mes yeux rougis par le deuil. Ce deuil, je le garde en moi, aussi précieux qu’une relique, malgré toutes les tentatives de sorties et les échappatoires auxquelles je suis invité. Tout me rappelle sa vie, la nôtre, depuis notre première rencontre, premier maillon de notre belle chaîne, jusqu’au jour de la séparation qui rompit la chaîne que je porte seul sur mes épaules affaiblies par l’âge et la maladie. Je m’enivre de mots, je m’évade dans l’espace et dans le temps pour guérir le mal de la solitude. Mon laisser-aller de clown, mes écarts de langage et ma désinvolture ne sont qu’une façade qui cache, en réalité, une profonde tristesse, doux mélange, à la fois, de souvenirs heureux et de regrets douloureux. Ainsi, je me retire dans mes pensées en laissant ce billet à votre mère, votre grand-mère, Ma MIMI, mon épouse : « Je t’enferme, à jamais, au creux de mon âme, Et, pour toujours, je suis le gardien de ta flamme » .
— Urbain Philippot