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❦ Deux plumes, une lignée

Urbain Philippot

Au soir de ma vie

A l’ombre fraîche du gigantesque ormeau, Assis sur l’herbe verte au bord du ruisseau, J’écoute le reposant cliquetis de l’eau Qui accompagne le chant mélodieux des oiseaux.

Mon regard scrute le lointain horizon, Bien au-delà des toits des vieilles maisons Qui rejettent des blanchâtres fumées Aux odeurs alléchantes de viandes grillées.

Là, je pense à mon passé lointain Dont les images se déroulent sans fin. Elles mesurent le long chemin parcouru, Les heures denses d’un bonheur, à jamais perdu.

Alors, je vide d’un trait, jusqu’à la lie, Le calice vinaigré de la vieillesse En payant cash au soir de ma vie Les erreurs de mon insouciante jeunesse.

— Urbain Philippot