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❦ Deux plumes, une lignée

René Pesenti

La succession universelle des générations

Grand-père nous a quitté, il est décédé. Ca fait tort de parler de ce bastion au passé Dernier de sa génération, il était là Pour nous bloquer le passage dans l’au-delà,

Mort, l’aïeul ouvre la voie à la génération qui suit Sitôt nés nous entrons dans la course de la vie Qui nous mène infailliblement au trépas. Dans ce peloton l’aîné doit rester devant.

Certains brûlent les étapes ‘C’est le destin. Ils se moquent du classement. N’est-il pas vain D ‘être en tête dans une compétition, Où Le vainqueur est voué à la disparition !

L’homme, hostile à tout déchirement, Regrette cette victoire amèrement. Pour elle il a subi la rupture du cordon ombilical Pour elle il subit la séparation du corps et de l’âme

De cette course fatale, il passera le relais, ici bas A la génération suivante, qui suivra sa voie Dans cette histoire il y a une justice A notre tour, nous serons tête de liste.

Seule l’âme du défunt s’envolera Vers le juge suprême, dans l’au-delà Là, il savourera peut-être sa victoire (Nul n’a donné un avis contradictoire.)

Parents et amis réunissons-nous, Prions ! Pour faciliter, au paradis, son admission ….. Ainsi devrait finir ce poème sur la succession Jusqu’ici tous les cœurs battaient à l’unisson !

Hélas, l’héritage distille son poison Il générera la grande désillusion. Trop souvent pour cinq cuillères et trois torchons Les héritiers cupides franchiront le rubicond René PESENTI, février 2004 En mémoire de Marcel Laumonier

— René Pesenti